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Tales of Berseria : vengeance et piraterie, un tournant plus sombre pour la licence


Tales of Berseria est le 16 ème épisode de la célèbre licence de J-RPG éditée par Bandai Namco. Prequel à Tales of Zestiria, le jeu partage avec son prédécesseur le même univers mais adopte un ton radicalement différent. On y suit Velvet Crowe, une jeune fille qui a vu sa vie tranquille basculer le jour où un être cher l’a trahie, entraînant la mort de son petit frère. Trois ans plus tard, changée en démon et tout juste sortie de prison, Velvet n’a qu’une idée en tête : se venger. 

Tales of Berseria s’en sort mieux que son prédécesseur à bien des niveaux. Même si on est bien loin de la qualité graphique de certaines productions actuelles, en terme de textures notamment, le jeu bénéficie d’une bonne direction artistique tout en conservant le charadesign emblématique de la licence. Les arrières plans et le ciel, illustrés dans un style aquarelle, dans certaines villes et endroits clefs, sont par exemple très réussis. Dommage que le jeu soit assez inégal à ce niveau, certains environnements étant tout bonnement fades et d’une autre époque, notamment les donjons en intérieur.

Velvet Crowe

La vengeance comme fil rouge

Mais la qualité d’un Tales of ne s’est jamais mesurée à ses prétentions graphiques, mais -entre autres- à sa qualité narrative. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Tales of Berseria réussi à nous livrer une aventure palpitante, qui se développe progressivement au cours de la quarantaine d’heures de jeu que compte l’intrigue principale. Velvet, est une (anti)-héroïne comme on croise trop peu. Mue par son désir de vengeance, inflexible et complexe, il est très prenant de suivre l’évolution de sa haine et de ses sentiments envers son ennemi juré et le monde qui l’entoure, notamment dans sa relation avec les autres personnages comme Laphicet, dont on verra la conscience se forger au cours de l’aventure.

Il est intéressant, grâce à une héroïne charismatique comme Velvet, d’être du côté obscur de la force, du côté des vilains. Pour se dresser contre l’Abbaye et son Berger, sauveurs acclamés de l’humanité contre les démons, notre petit groupe de pirates et autres sorcières est prêt à tout, quitte à mettre de côté morale et pitié. En effet, avec un scénario plutôt sombre pour un Tales of, le jeu explore, sur scène de piraterie et d’aventures heroic fantasy, les liens familiaux avec une certaine noirceur. Même si certains points de l’intrigue s’avèrent prévisibles, Tales of Berseria ne manque pas de rebondissements et de moments émouvants qui rappellent les meilleurs moments de Tales of Symphonia ou Abyss, pour ne citer qu’eux. Mais le jeu reste un Tales of et ne manque pas d’humour et d’instants plus légers grâce aux saynètes, qui permettent d’explorer les relations entre les différents personnages. Tales of Berseria réussi d’ailleurs l’exploit de proposer une équipe dont tous les membres sont charismatiques à leur manière, travaillés et attachants.

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Un système de combat diablement efficace

Dans l’ensemble, Tales of Berseria prend peu de risques par rapport aux épisodes précédents mais propose de petites améliorations et un gameplay solide, que ce soit dans son système de combat (le retour des combats en arène), d’amélioration d’équipement simplifié et efficace, la gestion des alliés que l’on peut alterner aisément en plein combat et les divers combo entre personnages. Plus de problèmes de caméra et autres lenteurs en combat, d’aller-retour interminables, ni de monde ouvert. En découle un jeu bien pensé et équilibré.

Le système de combat est certainement le point fort du titre, personnalisable au possible, stratégique tout en restant simple à appréhender, et surtout nerveux comme un jeu de combat. Il est possible d’assigner à chaque touche un combo de quatre artes (compétences), chacune coûtant un montant défini d‘âmes. Ces dernières se récupèrent à même les ennemis en leur faisant mordre la poussière, en parant au bon moment, grâce à certaines altérations d’état et sorts, et peuvent être augmentés grâce à l’amélioration d’équipement mais aussi grâce à la cuisine. Ajoutez à cela les classiques artes mystiques propres à chaque personnages et le mode Break Soul, dévastateur, et avec un peu de stratégie et d’enchaînement, on tient là un système de combat diablement efficace.

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En terme d’à côtés, le jeu reste assez limité d’un point de vue exploration, mais propose des quêtes annexes qui valent le détour, notamment celles liées à l’histoire des différents personnages. Le jeu comporte son lot de mini-jeux et de coffres à découvrir, permettant d’obtenir de nouveaux vêtements pour personnaliser son équipe. Un système d’exploration navale, des contrats de chasses au démons (les « codes rouges ») et des îles à explorer (les zones administratives de classe 4) complètent l’aventure. Tales of Berseria n’échappe malheureusement pas à quelques longueurs. Du fait de donjons pauvres graphiquement, peu inspirés et semblables, que ce soit dans leur structure ou leur déroulement (la majeure partie des donjons se contentant de couloirs et de découpage de monstres avant d’atteindre le boss) l’ennuie peu vite pointer le bout de son nez en milieu de partie.

Malgré ses graphismes un peu à la traîne et le manque d’inspiration de certains passages, Tales of Berseria s’impose comme l’un des meilleurs épisodes de la licence et un très bon J-RPG, que ce soit d’un point de vue scénaristique, ou de son système de combat. Velvet et ses compagnons sont loin d’être des enfants de cœur et se révèlent pourtant l’un des groupes les plus attachants et charismatiques que la licence ait compté, chacun ayant sa part de mystère et ses états d’âmes. Pour couronner le tout, les scènes d’animation, par le studio Ufotable, sont d’excellente qualité. Un épisode spécial consacré à Tales of Berseria est d’ailleurs disponible dans l’anime Tales of Zestiria the X, une excellente introduction à l’univers du jeu pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de jouer à Zestiria !  

Oiseau de nuit créatif et dans la lune, accro à la théine. Grande adoratrice de la licence The Legend of Zelda et de RPG (The Witcher, NieR, Fire Emblem), j’aime également me perdre dans un bon livre.

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