Outlander

Outlander : voyage temporel au coeur des Highlands


Outlander est une série de Ronald D. Moore (Battlestar Galactica, Star Trek) adaptée des romans Le Chardon et le Tartan de la romancière américaine Diana Gabaldon, mêlant histoire, fantasy et romance. 1945, Claire (Caitriona Balfe), une infirmière de guerre anglaise, alors en pleine lune de miel avec Frank (Tobias Menzies), son mari historien, se retrouve projetée dans l’Ecosse du XVIIIème siècle.

Outlander mêle habilement récit historique et le folklore écossais aux voyages temporels. Tout commence par les retrouvailles en terres écossaises de Claire et Frank, un couple séparé par la seconde guerre mondiale. Amusés par les légendes locales, ils assistent à un  rituel de sorcières dans le lieu empli de mystère des Pierres de Craigh na Dun. Ces pierres ne sont autre qu’un passage vers d’autres époques, qui conduiront Claire vers l’Ecosse du XVIIIème siècle.

La jeune femme devra s’adapter à cette époque qui n’est pas la sienne, et se faire accepter en tant que Sassenach (un terme désignant les anglais) par les guerriers écossais qui lui servent de compagnons. Sa langue bien pendue et ses connaissances pointues en médecine ne passeront pas inaperçues, et l’infirmière aura tôt fait d’être soupçonnée d’être une espionne anglaise.

La première saison d’Outlander est une fresque de l’Ecosse de l’époque : aux scènes de vie quotidienne se greffent la vie politique des clans écossais et les conflits quotidiens avec l’armée anglaise. Elle s’intéresse principalement à l’évolution de Claire et de ses désirs dans cette nouvelle vie et à sa relation avec les autres personnages, notamment Jamie Fraser, incarné par Sam Heughan. La superbe photographie d‘Outlander, couplée à une OST immersive, est une invitation au voyage. Comme Claire, qui accompagne le spectateur en lui narrant ses aventures et ses pensées, nous sommes des Outlanders – des étrangers, en pleine découverte de cette Ecosse passée et de sa culture. Lorsque Jamie et ses compairs parlent le gaélique (volontairement non sous-titré), nous sommes face à la même incompréhension que Claire.

Réécrire l’Histoire ?

La seconde se recentre sur les voyages temporels et ses conséquences : Le cours de l’Histoire peut-il être modifié ? Si l’un des personnages venait à mourir dans le passé, sa lignée viendrait-elle à mourir dans l’époque de Claire ? Dans le doute, Claire se lance le défi de réécrire l’histoire, qu’elle sait tragique pour l’Ecosse et sa culture. Cette nouvelle saison prend place en France, où les héros tenteront de saboter la rébellion jacobite fomentée par le prince Bonnie Stuart et éviter la terrible bataille de Culloden de 1746. Loin des Highlands, cette épopée française se veut plus politique avec son lot de complots passionnants, de trahisons et de drames.

Mais Outlander est surtout une belle histoire d’amour entre un guerrier écossais pétris de traditions et une infirmière anglaise moderne. Cette romance sera le fil rouge de la série. On voit le couple évoluer, dépassant leurs différences culturelles, la dureté de cette époque faite de guerres et de violence, et les aléas de la vie.

Contrairement aux apparences et à ses froufrous d’époque, Outlander ne fait pas dans la dentelle. En effet, elle n’échappe pas à la surenchère visuelle qu’on observe dans les séries ces dernières années : tout se montre, des scènes de sexe plutôt osées à celles de violence et de torture particulièrement éprouvantes. Mais jamais gratuites, elles apportent de la profondeur à la narration et au développement des personnages, le point fort de la série.

Si certains peuvent paraître superficiels au premier abord, leurs motivations finissent toujours par être explicitées. L’exemple le plus parlant est certainement celui de Jonathan « Black Jack » Randall, capitaine de l’armée anglaise et l’ancêtre du mari de Claire, Frank. L’acteur Tobias Menzies joue d’ailleurs les deux personnages, et livre une prestation impressionnante tant Jonathan et Frank Randall sont différents. On dit parfois que la qualité d’une histoire se mesure à celle de son méchant, et bien Jonathan Randall est de ces vilains aussi cruels que torturés, que rien n’arrête et qui en fera voir de toutes les couleurs aux héros.

Bref, on ne s’ennuie jamais devant Outlander. Les scènes d’action laissent place à d’autres plus contemplatives, la légèreté à des scènes poignantes. L’aspect historique, fantasy avec les voyages temporels et les scènes de vie sont subtilement mélangés, donnant à la série son ton si particulier.  Vivement la saison 3 ! 

Oiseau de nuit créatif et dans la lune, accro à la théine. Grande adoratrice de la licence The Legend of Zelda et de RPG (The Witcher, NieR, Fire Emblem), j’aime également me perdre dans un bon livre.

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