Kabaneri-of-the-Iron-Fortress

Kabaneri of the Iron Fortress : zombies, steampunk et samouraïs


Après s’être intéressés aux titans avec L’Attaque des titans, Tetsurô Araki et les studios Wit remettent le couvert avec Kabaneri of the Iron Fortress (Koutetsujou no Kabaneri en VO), sur un scénario de Ichiro Okôchi (Code Geass: Lelouch of the Rebellion, Guilty Crown). Cette fois-ci, ce sont les zombies qui menacent l’humanité, alors forcée de se retrancher derrière d’immenses murailles de fer.   

Kabaneri of the Iron Fortress prend place dans un Japon féodal où règnent les shoguns et leurs guerriers. Sur l’île de Hinomoto, l’humanité est contrainte de se terrer afin de se protéger des zombies (Les Kabane, « cadavres » en japonais). Suite à la destruction de leur refuge, les survivants de la station Aragane prennent place à bord du Koutetsujou, un train de metal, seul rempart face aux hordes de Kabane. Ikoma est un jeune forgeron, parvenu à créer une arme plus efficace que celles des samouraïs, et capable de percer le coeur des zombies. Mordu par un Kabane alors qu’il testait son invention, il se voit bientôt contraint d’endiguer l’infection et devient un Kabaneri (mi-homme mi-Kabane), prêt à tout pour combattre et éradiquer les morts-vivants. Son chemin croisera celui de Mumei, une jeune fille aussi puissante que mystérieuse.

Une impression de déjà vu ? C’est normal : les similarités entre L’Attaque des Titans et Kabaneri of the Iron Fortress sont nombreuses. Ikoma et Eren partagent un même désir d’exterminer leurs ennemis respectifs, Mumei et Mikasa sont d’implacables machines à tuer du kabane/titan, et l’humanité est douée de la même peur dévastatrice qui l’amène à rejeter ses semblables. Un bataillon et des armes spéciales sont mis en place pour venir à bout des créatures et certains protagonistes sont mi-humains mi-Kabane (les Kabaneri) et combattront aux côtés de l’humanité. Si Kabaneri of the Iron Fortress souffre de la comparaison constante avec L’Attaque des titans, la série n’en est pas pourtant pas qu’un simple clone sans saveur. Au contraire, elle réussit, grâce à son rythme et son univers, à proposer une histoire tout aussi prenante et qui s’émancipe de ses influences.

Les premiers épisodes laissent rêveurs : un décor mélangeant le japon féodal aux trains à vapeur et esthétiques du steampunk, des affrontements nerveux, des problématiques sur l’humanité vues et revues mais parfaitement traitées, suffisamment de mystère pour susciter l’intérêt, et des personnages aussi charismatiques qu’intrigants. Et des zombies ! Véritables phénomènes dans les séries occidentales, ils sont peu représentés -du moins de façon classique- dans l’animation japonaise. Tetsuro Araki est dans son élément, l’homme ayant déjà travaillé sur Highschool of the dead, l’un des plus connus du genre. Le fanservice et les gros poumons de ce dernier en moins, tout le potentiel des morts vivants est exploité dans Kabaneri of The Iron Fortress : les amateurs du genre y trouveront leur dose d’hémoglobine et d’action, l’animé n’étant pas avare de combats contre des hordes de zombies affamés.

Les studios Wit avaient déjà réalisé un travail d’orfèvre pour l’animation de L’Attaque des titans. Pour Kabaneri of the Iron Fortress, le niveau est élevé un cran au dessus, dans un style un peu old school. Du character design aux décors tantôt dévastés tantôt lumineux et spacieux, aux combats rythmés, l’animation est somptueuse. Non négligeable, l’OST signée par le talentueux Hiroyuki Sawano (L’Attaque des titans, Guilty Crown, Aldnoah.Zero) n’est pas en reste, à l’image de l’opening et de l’ending, chantés par EGOIST et Aimer + Chelly (la chanteuse d’EGOIST).

Vous l’aurez compris : Kabaneri of the Iron Fortress a tout pour plaire. Et pourtant, la seconde moitié de cette bien courte saison (12 épisodes) se perd dans des facilités scénaristiques. Les Kabane, si redoutés au départ, font bientôt office de prétexte, la plupart des personnages étant capables d’en avaler une cinquantaine au petit déjeuner, sans l’ombre d’un effort. Plus grave, le vilain de l’histoire se révèle manichéen et prévisible. Sans entrer dans les détails, il est presque inscrit sur son front, en lettres capitales, « je suis méchant ». Dommage, au vu du potentiel indéniable de cet univers aux multiples dangers. Il est décevant, enfin, de voir cette histoire se dénouer de façon si expéditive, laissant de côté ses nombreux personnages dignes d’intérêts. Rien d’étonnant en si peu d’épisodes. Mais même si une seconde saison n’est pas exclue, difficile d’imaginer une suite à cette histoire qui semble avoir grillé toutes ses cartes en dévoilant la plupart de ses mystères.

Malgré son dénouement en demi-teinte, Kabaneri of the Iron Fortress n’est pas pour autant mauvais. Sans être un chef d’oeuvre, il reste un excellent divertissement à l’animation et au rythme impeccable, aux personnages agréables, comme on croise peu en une saison d’animés. L’avenir nous dira si les Kabane n’étaient qu’un sympathique plat de résistance entre deux saisons de L’Attaque des titans !

Oiseau de nuit créatif et dans la lune, accro à la théine. Grande adoratrice de la licence The Legend of Zelda et de RPG (The Witcher, NieR, Fire Emblem), j’aime également me perdre dans un bon livre.

Laisser un commentaire

Commentaire sur “Kabaneri of the Iron Fortress : zombies, steampunk et samouraïs

  • Séverine

    Effectivement, je trouve aussi qu’il y a des ressemblances entre Kabaneri of the Iron Fortress et L’Attaque des Titans. Selon moi, l’univers est intéressant, mais il n’est pas assez développé.